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	<title>Le site de Bernard Defrance</title>
	<link>http://www.bernard-defrance.net/</link>
	<description>Dans ce site : principalement tous mes articles publi&#233;s en t&#233;l&#233;chargement libre, ainsi que les r&#233;f&#233;rences de mes livres avec quelques commentaires parus dans la presse ; &#233;galement des textes choisis au hasard de mes lectures, des documents envoy&#233;s par divers amis, des textes de mes &#233;l&#232;ves, des &#233;l&#233;ments d'actualit&#233; et enfin quelques liens utiles.</description>
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		<title>Un scooter vol&#233;... ou prenez vos pr&#233;cautions avant de vouloir rendre service &#224; un copain !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Defrance</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les suites d'une histoire de scooter vol&#233; : pour illustrer les conditions &quot;ordinaires&quot; d'interpellation d'un mineur...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bernard-defrance.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;7. Textes et documents re&#231;us&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Interpellation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Suite &#224; un scooter vol&#233;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mercredi 10 Janvier 2007, 12h30 13h,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trois jours avant mes 18 ans&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'&#233;tais avec un ami en train de pousser un scooter pour aller lui gonfler les pneus. C'&#233;tait un grand de la r&#233;sidence Le B.-du-T. qui nous avait demand&#233; de le faire. Sur le chemin de la cit&#233; &#224; la station, le grand qui avait confi&#233; le scooter nous crie de faire gaffe parce qu'il &#233;tait vol&#233; ! J'ai un peu paniqu&#233; mais je ne voulais pas laisser mon pote tout seul et nous sommes arriv&#233;s &#224; la station de lavage de M., pas tr&#232;s loin de la concession Renault. A ce moment, mon ami a aper&#231;u un jeune qui t&#233;l&#233;phonait : nous nous sommes rendus compte apr&#232;s coup qu'il t&#233;l&#233;phonait sans doute &#224; la police et que c'&#233;tait un ami de la victime du vol du deux-roues.
Nous avons d&#233;cid&#233;, mon ami et moi de faire demi-tour ; mais, &#224; ce moment, est arriv&#233;e une voiture de police. Mon ami s'est mis &#224; courir et moi aussi, en l&#226;chant le scooter. Les policiers nous ont vus et se sont donc mis &#224; notre poursuite. J'ai &#233;t&#233; interpell&#233; et mon ami aussi, all&#233;e des C. qui se trouve perpendiculaire &#224; l'all&#233;e de M.. Tout de suite apr&#232;s, j'ai &#233;t&#233; menott&#233; derri&#232;re le dos, serr&#233;... et emmen&#233; dans le v&#233;hicule de police : une fois dans la voiture, le conducteur du v&#233;hicule a effectu&#233; un demi-tour et il s'est mis &#224; remonter l'all&#233;e en sens interdit, pour reprendre l'all&#233;e de M. o&#249; se trouvait l'ami de la victime, le scooter et un camion de police, qui lui, &#233;tait venu prendre le scooter. Le temps qu'une partie des agents de police montent le scooter dans le camion, r&#233;cup&#232;rent les coordonn&#233;es &#8230; de l'ami de la victime, le deuxi&#232;me est venu nous voir mon ami est moi, qui nous nous trouvions toujours dans le v&#233;hicule de police arr&#234;t&#233; sur l'all&#233;e de M.. Un des agents, s'est approch&#233; de la voiture et a ouvert la porti&#232;re arri&#232;re et il me dit : &#171; je t'ai d&#233;j&#224; mis en garde &#224; vue toi &#187;, je lui r&#233;pondus par : &#171; Non, je n'ai jamais fait de garde &#224; vue &#187;. Suite &#224; ma r&#233;ponse, j'ai re&#231;u un grosse gifle &#224; la figure. Il a insist&#233; cinq ou six fois, &#224; chaque fois que je r&#233;pondais par &#8216;'NON'', je m'en prenais une autre. J'ai fini par me taire au bout de la cinqui&#232;me ou sixi&#232;me fois mais l'agent, lui a continu&#233; &#224; insister mais comme je n'ai pas r&#233;pondu il a cess&#233; les gifles. Un autre agent, qui se trouvait d&#233;j&#224; &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule de police, m'a demand&#233; ma carte d'identit&#233;, j'ai alors r&#233;pondu que : &#171; je l'ai mais elle est dans ma poche arri&#232;re de mon jeans et que je ne peux pas la sortir puisque je suis menott&#233; &#187; ; il a r&#233;pondu par : &#171; Ton nom ? &#187; ; J'ai r&#233;pondu. A ce moment, l'agent qui m'avais gifl&#233; a pris la parole et m'a dit : &#171; Aaaahhhhhh, mais je connais, tu es le fr&#232;re de celui qui vend de la came et qui se permet de rouler en voiture de luxe. &#187; A l'&#233;poque c'&#233;tait un Touareg V10 TDI de la marque Volkswagen. J'ai pris la parole pour dire : &#171; s'il vend de la came pourquoi ne pas l'arr&#234;ter ? &#187; et le policier a r&#233;pondu tr&#232;s exactement : &#171; Je n'ai pas que &#231;a &#224; foutre et pour te dire je vais m&#234;me me servir chez lui. &#187;.
Le policier qui avait commenc&#233; par relever mon identit&#233; a fini par le faire enti&#232;rement. Avant le d&#233;part pour le poste de police, le conducteur de la voiture de police m'a pris par le col de ma veste et m'a dit d'un ton tr&#232;s &#233;nerv&#233; : &#171; Les petit branleurs comme toi, m&#233;rite de se faire enculer &#187;.
Evidemment tous les coll&#232;gues ont assist&#233; &#224; tout les faits ci-dessus, mais aucun ne peut en t&#233;moigner. Comme par hasard, ils sont tous devenus sourds et aveugles une fois arriv&#233; au commissariat.
Sur le trajet, le v&#233;hicule roulait &#224; une vitesse qui variait entre 55, 80km/h, ils ne mettaient pas le deux-tons &#224; tout les carrefours. D'ailleurs ils ne se sont pas arr&#234;t&#233;s jusqu'&#224; l'approche du poste. Je ne portais pas de ceinture de s&#233;curit&#233;, de m&#234;me pour mon ami. Une fois arriv&#233; au poste, j'ai &#233;t&#233; accompagn&#233; jusqu'au banc, o&#249; j'ai &#233;t&#233; d&#233;menott&#233; puis menott&#233; &#224; nouveau au poignet gauche et au banc. Ensuite on m'a d&#233;menott&#233;, et on m'a dit de retirer mes lacets, ceinture, mon pull (car il y avait une capuche avec une ficelle), ma bague. Et j'ai aussi vid&#233; mes poches. L&#224;, j'ai &#233;t&#233; emmen&#233; dans un couloir o&#249; il y avait deux cellules. J'ai du retirer pantalon, chaussettes, baskets, tee-shirt et veste. Comme je n'avais aucun stup&#233;fiant ou autres, je me suis rapidement rhabill&#233; et de nouveau on m'a remis sur le banc, menott&#233; d'un poignet. J'ai sign&#233; apr&#232;s m'&#234;tre install&#233; sur le banc, l'inventaire de tout ce qui &#233;tait en ma possession &#224; mon arriv&#233;e au poste.
Un agent est venu me d&#233;tacher de ce banc pour aller faire des photos et relever mes empreintes. De retour au banc, on m'a propos&#233; un medecin et un avocat, j'ai &#233;videmment accept&#233; en disant que j'&#233;tais diab&#233;tique insulinod&#233;pendant, que j'&#233;tais en hyperglyc&#233;mie, qu'il me fallait mon injection d'insuline et que je n'avais pas encore mang&#233; (il &#233;tait 13h15). Ensuite, j'ai &#233;t&#233; mis en cellule.
A 14h30, un officier est venu me prendre en audition, qui s'est d&#233;roul&#233; correctement. 15H20, on me replace en cellule jusqu'&#224; 16h45 pour me reprendre en audition. Une fois dans le bureau, l'officier m'annonce que je vais &#234;tre pr&#233;sent&#233; derri&#232;re une vitre sans tain pour savoir si la victime me reconna&#238;t par rapport au vol. Evidemment, j'&#233;tais pr&#233;sent&#233; tout seul. Bien s&#251;r de moi, je m'en foutais car je ne l'avais pas vol&#233; mais au retour de l'officier, j'ai appris que la victime m'avait reconnu EN TANT QUE VOLEUR. J'ai &#233;t&#233; repris en audition o&#249; il m'a demand&#233; o&#249; est ce que j'&#233;tais le jour du vol, un peu perdu, je n'ai pu r&#233;pondre sur le champ. L'audition, elle, continuait de se d&#233;rouler. D'un coup je me suis rappel&#233; o&#249; j'&#233;tais le jour et &#224; l&#8216;heure du fameux vol, j'&#233;tais au centre commercial R.2, avec ma s&#339;ur, comme preuve, les tickets de caisses.
J'ai &#233;t&#233; replac&#233; en cellule puis vers 17h50, quelqu'un est venu me chercher pour me dire que j'allais &#234;tre emmen&#233; &#224; l'h&#244;pital JV. &#224; B.. A l'h&#244;pital le m&#233;decin ne prenais pas note de tout ce que je lui disais (gifles &#8230;), j'ai eu mon injection d'insuline et de l'eau. Il a comme m&#234;me bien pris en compte que j'&#233;tais diab&#233;tique et il a m&#234;me not&#233; sur le certificat que mon &#233;tat m&#233;dical n'&#233;tait pas compatible avec la garde &#224; vue. Mon retour au poste &#233;tait &#224; 18h30, j'ai appris que mes parents, &#233;taient en route et que je devrais revenir le lendemain, pour une reprise de garde &#224; vue. Le temps que mes parents viennent, j'ai r&#233;cup&#233;r&#233; toute ma &#8216;'fouille'' : bague, argent, pull, mes lacets, ma ceinture et tout ce qui &#233;tait en ma possession &#224; mon arriv&#233;e au poste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le lendemain, &#224; 9h au commissariat de police, j'ai &#233;t&#233; replac&#233; en garde &#224; vue apr&#232;s quelques signatures de ma part et de ma m&#232;re qui m'accompagnait puisque j'&#233;tais encore mineur. Nouvelle fouille, inventaire et nouveau placement en cellule. Deux interrogatoires ont eu lieu dans la matin&#233;e, puis j'ai &#233;t&#233; transport&#233; vers 12h 13h &#224; nouveau &#224; l'h&#244;pital pour y voir un m&#233;decin, &#224; cause de mon diab&#232;te. De retour de l'h&#244;pital, j'ai de nouveau &#233;t&#233; mis en cellule jusqu'&#224; &#224; peu pr&#233;s 14h30 15h.
Aux alentours des 14h30 15h, j'ai &#233;t&#233; repris en audition qui s'est bien pass&#233;e, et on m'a annonc&#233; que la victime du vol avait port&#233; plainte contre moi et qu'une perquisition aurait lieu vers 15h30 16h au domicile de mes parents chez qui je vivais. Avant le d&#233;part dans le v&#233;hicule de police, toujours menott&#233; et &#224; l'arri&#232;re, l'officier &#8216;'conducteur du v&#233;hicule, m'a dit : &#171; allez, avoue que c'est toi qui &#224; vol&#233; le scooter. &#187; j'ai r&#233;pondu que non et que la victime lui fallait bien un coupable pour son assurance, je n'avais rien &#224; voir avec cette histoire mais non il leur fallait vraiment un coupable.
Une fois arriv&#233;, je leur ai montr&#233; le b&#226;timent, l'&#233;tage &#8230; C'est ma tante qui a ouvert la porte car ma m&#232;re &#233;tait vraiment en panique. Ils ont fait leurs petites recherche sans rien trouver dans ma chambre, ils m'ont alors demand&#233; si j'avais un garage, comme j'avais rien &#224; me reprocher, j'ai dit &#171; oui &#187;. Nous sommes alors partis ensemble au garage qui se trouvait sur le parking, ils l'ont ouvert mais n'ont rien trouv&#233; d'int&#233;ressant ni aucun objet vol&#233;. Apr&#232;s, ils ont d&#233;cid&#233; de retourner au poste, j'ai &#233;t&#233; remis en cellule. J'ai d&#251; signer le rapport de la perquisition qui n'avait rien donn&#233;. Repris &#224; nouveau en audition vers 16h45 17h, j'ai appris que j'allais &#234;tre lib&#233;r&#233; et convoqu&#233; devant le tribunal pour enfants, il y avait d&#233;j&#224; quelqu'un de la famille en route pour venir me chercher.
J'ai &#233;t&#233; convoqu&#233; trois mois plus tard et condamn&#233; &#224; trois ans de &quot;mise &#224; l'&#233;preuve&quot;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ne ratez pas un virage... ! si vous &#234;tes arabe et musulman en je&#251;ne de ramadan...</title>
		<link>http://bernard-defrance.net/spip.php?article32</link>
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		<dc:creator>Bernard Defrance</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les suites d'un d&#233;rapage ou les suites d'un banal accident sans cons&#233;quences autres que mat&#233;rielles et sans tiers impliqu&#233;...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bernard-defrance.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;7. Textes et documents re&#231;us&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un accident et ses suites...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lundi 18 octobre 2004, 16 heures 40 :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je roulais tranquillement dans la rue Conrad-Adenauer &#224; Rosny-sous-Bois, avec la voiture de mon grand fr&#232;re, une Volkswagen de type Polo. Je roulais aux environs de soixante km/h, quand je suis mont&#233; sur une chicane plac&#233;e au milieu de la voie et que je n'avais pas vue. Elle a d&#251; faire un effet de tremplin et la voiture a d&#233;rap&#233;, zigzagu&#233;, sur une trentaine de m&#232;tres et est venue s'encastrer dans la cl&#244;ture en grille. Au point o&#249; s'est arr&#234;t&#233;e la course de la voiture, la vitesse &#233;tait bien limit&#233;e &#224; 30 km/h, mais la voiture avait commenc&#233; &#224; d&#233;raper sur cette chicane bien avant, et je n'avais vu aucun panneau limitant la vitesse avant la chicane.
La voiture &#233;tait fortement accident&#233;e, j'ai pu en sortir tout seul, sous le choc. Je me suis assis sur le trottoir, terroris&#233;, impressionn&#233; en regardant la voiture. Je pleurais dans les bras d'un homme qui essayait de me consoler. J'avais d&#233;j&#224; eu un accident de scooter &#224; l'&#226;ge de 14 ans, et j'avais fait tr&#232;s peur &#224; ma m&#232;re, une femme tr&#232;s sensible et qui m'aime beaucoup. C'est d'ailleurs le premier r&#233;flexe que j'ai eu : appeler ma m&#232;re pour la rassurer, lui dire que tout allait bien, qu'elle ne devait pas s'inqui&#233;ter. Il n'y avait aucun bless&#233;, que des d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels, &#224; la voiture et &#224; la grille que j'avais heurt&#233;e.
Un quart d'heure apr&#232;s, j'ai entendu la sir&#232;ne des pompiers qui arrivaient : j'&#233;tais soulag&#233;, parce que j'avais tr&#232;s froid, j'avais mal au petit doigt de la main droite et au torse (je crois que c'&#233;tait d&#251; &#224; la ceinture de s&#233;curit&#233;). Les pompiers m'ont interrog&#233; sur mon &#233;tat, je leur ai indiqu&#233; ces douleurs. Les policiers sont arriv&#233;s ensuite. On m'a fait un test d'alcool&#233;mie, j'ai souffl&#233;, il n'y avait rien, le test &#233;tait n&#233;gatif. D'ailleurs, je ne bois jamais, je ne fume pas, et en plus ce jour-l&#224; je faisais le Ramadan. Les pompiers ne m'ont pas propos&#233; d'aller &#224; l'h&#244;pital, et les policiers m'ont dit qu'ils allaient m'emmener au commissariat : &#231;a m'a sembl&#233; bizarre ; je pensais plut&#244;t &#224; attendre une d&#233;panneuse et faire la d&#233;claration &#224; l'assurance ! Mais de toute fa&#231;on la voiture n'&#233;tait assur&#233;e qu'au tiers&#8230; Un policier a alors fait un appel &#224; t&#233;moins : &#171; Tous les t&#233;moins se mettent de ce c&#244;t&#233;. &#187; J'ai alors vu trois personnes, dont ce gentil monsieur qui avait essay&#233; de me consoler. J'en ai entendu un dire que je roulais &#224; 70/80 km/h et mon consolateur (si je puis dire) le contredire : &#171; Mais non, voyons ! Il n'&#233;tait pas &#224; plus de soixante ! &#187; Apr&#232;s avoir r&#233;pondu aux questions du policier, il m'a laiss&#233; son num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone en me disant d'appeler s'il y avait un probl&#232;me.
Alors je me suis senti humili&#233; parce que les policiers m'ont mis les menottes, dans la rue, devant tout le monde, et j'ai &#233;t&#233; conduit au commissariat. Il &#233;tait alors 17 heures. Je pensais que j'allais &#234;tre auditionn&#233;, puis rel&#226;ch&#233;. Mais, une demi-heure apr&#232;s, un officier m'a appris que j'&#233;tais plac&#233; en garde &#224; vue. Je ne comprenais plus : encore en &#233;tat de choc apr&#232;s cet accident, ce policier en rajoutait ! J'ai demand&#233; pourquoi cette garde &#224; vue, et il m'a r&#233;pondu : &#171; Mise en danger de la vie d'autrui. &#187; Il a pris les renseignements sur mon identit&#233;, et j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de me d&#233;shabiller enti&#232;rement pour &#234;tre fouill&#233;, j'&#233;tais sous le choc encore, encore plus humili&#233;, m&#234;me si le policier &#233;tait tr&#232;s correct ; ensuite j'ai &#233;t&#233; plac&#233; en cellule : il &#233;tait 17h30 environ. Dans la cellule, je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait, il n'y avait aucun bless&#233;, je trouvais &#231;a bizarre qu'on me mette en garde &#224; vue.
&#192; 18 heures, on est venu me chercher, on m'a fait monter &#224; l'&#233;tage, pour &#234;tre auditionn&#233;. Ils &#233;taient cinq dans le bureau. Au moment o&#249; je suis entr&#233;, l'un d'eux s'est exclam&#233; : &#171; Alors c'est toi le fameux Schumacher ! &#187; Je ne lui ai pas r&#233;pondu. En r&#233;ponse aux questions j'ai essay&#233; de raconter le plus simplement possible ce qu'il s'&#233;tait pass&#233;. Mais plusieurs autres r&#233;flexions du m&#234;me genre que la premi&#232;re m'ont &#233;t&#233; faites, comme quoi j'allais devoir repasser mon permis. Ils &#233;taient cinq et une femme polici&#232;re leur a dit &#224; un moment qu'ils pouvaient se retirer, mais ils restaient l&#224; &#224; rigoler entre eux. Ce qui m'a vraiment marqu&#233;, c'est quand j'ai demand&#233; &#224; manger, ils ont refus&#233;, et un m'a dit : &#171; On est dans un pays la&#239;c et on s'en fout que tu fasses le Ramadan ! &#187; J'ai aussi remarqu&#233; qu'ils avaient enlev&#233; de la voiture l'affichette qui &#233;tait coll&#233; sur la vitre arri&#232;re et qui indiquait qu'elle &#233;tait &#224; vendre, et ils l'avaient gribouill&#233;e en changeant le prix indiqu&#233;, 8 300 euros, en&#8230; 83 euros ! L'affichette &#233;tait plac&#233;e sur un mur&#8230; Une fois l'audition termin&#233;e, il devait &#234;tre 19 heures pass&#233;es, j'ai demand&#233; un verre d'eau au policier qui me ramenait en cellule, il a accept&#233; et me l'a apport&#233;.
&#192; 19h30, l'avocat qui m'avait &#233;t&#233; propos&#233; lors de l'audition est arriv&#233;, c'&#233;tait une femme, elle se pr&#233;occupait juste de savoir si je n'&#233;tais pas maltrait&#233;, qu'on ne me frappe pas et qu'on me donne &#224; manger ; elle m'a dit elle-m&#234;me qu'elle n'&#233;tait pas l&#224; pour mon affaire, mais quand m&#234;me, en me voyant, elle a eu une sorte de piti&#233; et m'a demand&#233; pourquoi j'&#233;tais l&#224;. Je lui ai racont&#233; les faits, et je lui ai aussi dit que j'avais des douleurs un peu partout, et que je n'avais pas mang&#233;, &#224; part le verre d'eau qu'on m'avait donn&#233;. L'avocate m'a dit qu'elle allait s'en occuper et je suis retourn&#233; en cellule. Il devait &#234;tre 20 heures. Mais on ne m'a pas apport&#233; &#224; manger&#8230; pourtant j'ai su apr&#232;s que ma famille avait apport&#233; des sandwiches mais on ne me les pas donn&#233;s.
Vers 22 heures, on est venu me chercher, pour m'emmener &#224; l'h&#244;pital Jean Verdier &#224; Bondy, pour, m'a-t-on expliqu&#233;, faire un d&#233;pistage de cannabis. J'&#233;tais menott&#233; &#224; nouveau, ils ont refus&#233; de me donner ma veste et j'avais tr&#232;s froid, en chemise. Mais &#224; l'h&#244;pital, il n'y avait pas de m&#233;decin disponible pour faire le test. Il a fallu retourner au commissariat, toujours menott&#233; bien serr&#233;&#8230; il &#233;tait maintenant 22h40. Une fois dans la cellule, je n'arrivais pas &#224; dormir. Je suis rest&#233; allong&#233; sur le banc, jusqu'&#224; ce qu'un m&#233;decin arrive, vers 3 heures du matin. Il a pris ma tension et quelques renseignements sur ma personne. Je lui ai indiqu&#233; les douleurs que j'avais &#224; cause de l'accident, mais j'avais l'impression qu'il s'en moquait : il &#233;tait tr&#232;s tard et il devait s&#251;rement &#234;tre press&#233; de rentrer chez lui&#8230; Il m'a donn&#233; un &#233;tui pour pr&#233;lever mon urine : je suis donc all&#233; aux toilettes, mais sans doute &#224; cause de mon &#233;tat, et le fait que j'&#233;tais en plein je&#251;ne, je n'arrivais pas &#224; uriner. Les policiers pensaient que je ne voulais pas uriner parce que j'aurais consomm&#233; des stup&#233;fiants (&#171; Comme par hasard ! &#187; a dit l'un d'eux). J'ai eu beau rester une dizaine de minutes aux toilettes, je n'y arrivais pas, h&#233;las ce n'&#233;tait pas de la mauvaise volont&#233;, au contraire, j'aurais pu leur prouver qu'ils se trompaient&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mardi 19 octobre, 9 heures :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vers 9 heures, un policier est venu me chercher en m'expliquant qu'ils allaient me ramener &#224; l'h&#244;pital pour faire le test, et que si je n'arrivais &#224; nouveau pas &#224; uriner, ils allaient prolonger la garde &#224; vue de 18 heures ! Ils m'ont dit de boire de l'eau, mais je leur ai r&#233;pondu que je faisais le Ramadan ! Ils m'ont menott&#233;, ils ont refus&#233; &#224; nouveau de me donner ma veste et j'avais tr&#232;s froid. On est donc all&#233; &#224; l'h&#244;pital, le m&#233;decin m'a donn&#233; un &#233;tui et je suis all&#233; aux toilettes. Je faisais tout ce que je pouvais pour ne pas retourner si longtemps en garde &#224; vue, mais rien &#224; faire : je n'arrivais pas &#224; faire pipi ! Heureusement, finalement, au bout de vingt minutes, j'y suis quand m&#234;me arriv&#233;&#8230; J'ai donc donn&#233; l'&#233;tui au m&#233;decin, qui a d&#233;clar&#233; le test n&#233;gatif. Et quand je suis sorti du cabinet avec le m&#233;decin et qu'il a annonc&#233; le r&#233;sultat aux policiers, j'ai compris que ceux&#173;-ci avaient fait un pari et que deux sur trois avaient perdu !
Ensuite on est retourn&#233; au commissariat, il devait &#234;tre 10 heures ou 10h30. Je suis mont&#233; &#224; l'&#233;tage, on m'a pris les empreintes, et je suis retourn&#233; en cellule. J'ai demand&#233; &#224; l'officier qui m'accompagnait si j'allais bient&#244;t sortir et il m'a r&#233;pondu : &#171; Normalement, oui&#8230; &#187; J'&#233;tais tr&#232;s impatient de revoir ma m&#232;re, j'avais h&#226;te d'&#234;tre de retour dans ma famille !
&#192; midi, deux policiers m'ont sorti de la cellule, j'ai eu un moment de joie intense, mais j'ai entendu alors que j'allais &#234;tre emmen&#233; au &#171; d&#233;p&#244;t &#187; et que je devais &#234;tre jug&#233; ! Ma joie s'est vite &#233;teinte&#8230; Je ne savais pas ce qu'&#233;tait le &#171; d&#233;p&#244;t &#187;, j'ai donc demand&#233; aux policiers de quoi il s'agissait. Ils m'ont r&#233;pondu que c'&#233;tait la suite de la garde &#224; vue en attendant d'&#234;tre jug&#233;. Ils m'ont redonn&#233; ma veste cette fois et m'ont menott&#233;. Lorsque nous sommes sortis du commissariat, direction le tribunal, j'ai aper&#231;u mon fr&#232;re, qui a 19 ans, et un de mes meilleurs amis : ils &#233;taient venus me chercher pour m'emmener chez moi ! Mais ils ont appris la nouvelle et mon fr&#232;re s'est mis &#224; pleurer. Je n'ai pu lui parler qu'un tout petit moment, je ne pouvais pas le toucher et le consoler&#8230;
Une fois arriv&#233; au d&#233;p&#244;t, j'ai &#233;t&#233; fouill&#233; enti&#232;rement et mis en cellule, il devait &#234;tre 13 heures. Des surveillants sont venus pour proposer &#224; tous ceux qui &#233;taient l&#224; avec moi &#224; manger. J'ai refus&#233;, car je voulais avoir la force de continuer &#224; respecter le Ramadan. Mais j'aurais d&#251; me m&#233;fier et garder la nourriture pour l'heure de rupture du je&#251;ne, mais sur le moment je n'y ai pas pens&#233;, j'esp&#233;rais encore que j'allais bient&#244;t retrouver ma famille. Je me suis assis sur le banc et j'ai attendu. &#192; 14 heures, on m'a emmen&#233; voir le d&#233;l&#233;gu&#233; du procureur, il m'a rappel&#233; les faits, et je me suis mis &#224; pleurer, je n'en pouvais plus ! Le procureur a essay&#233; de me calmer et m'a dit que tout allait bien se passer, qu'il ne fallait pas que je me mette dans cet &#233;tat-l&#224;&#8230; Je suis retourn&#233; en cellule.
&#192; 15h30 environ, on m'a fait rencontrer un avocat commis d'office. Le sc&#233;nario &#233;tait exactement le m&#234;me qu'avec le pr&#233;c&#233;dent. Je lui ai demand&#233; si je risquais la prison et il m'a r&#233;pondu : &#171; Bien s&#251;r que non ! Enl&#232;ve-toi cette id&#233;e-l&#224; de la t&#234;te ! &#187; J'ai &#233;t&#233; vraiment soulag&#233; et je me suis dit que tout allait &#234;tre bient&#244;t termin&#233;. J'ai donn&#233; tous les renseignements me concernant &#224; l'avocat : &#233;tudiant, s&#233;rieux, bac + 2 &#224; la fac de Bobigny, aucun ant&#233;c&#233;dent judiciaire&#8230; Et je suis retourn&#233; en cellule, il devait &#234;tre 16 heures environ.
Malgr&#233; ce qu'avaient dit le d&#233;l&#233;gu&#233; du procureur et l'avocat, j'&#233;tais tr&#232;s inquiet. Apr&#232;s une heure et demie de stress et d'angoisses, on m'a fait monter au tribunal, menott&#233; entre le d&#233;p&#244;t et la salle. J'&#233;tais tr&#232;s impressionn&#233;, c'&#233;tait la premi&#232;re fois que je voyais une salle d'audience. J'ai aper&#231;u mon petit fr&#232;re et un ami dans le public, je n'arrivais pas &#224; les regarder vraiment&#8230; et je me suis mis &#224; pleurer. Avant que ce soit mon tour, c'&#233;tait un jeune noir qui &#233;tait jug&#233; : il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; quatre mois de prison ferme pour d&#233;faut de permis de conduire. J'ai vraiment &#233;t&#233; effray&#233; par cette sanction. Le juge avait un air tr&#232;s s&#233;v&#232;re, il faisait peur rien qu'en le regardant. Mon tour est arriv&#233;, le juge a rappel&#233; les faits, je paniquais compl&#232;tement, j'avais tr&#232;s tr&#232;s peur. Le juge d&#233;clara que c'&#233;tait grave&#8230; Je n'ai pas compris ce qu'il voulait dire : c'est grave d'avoir un accident ? C'est vraiment un d&#233;lit ? Le juge d&#233;clara alors que le jugement allait &#234;tre report&#233; au 2 novembre et qu'en attendant, soit j'allais en maison d'arr&#234;t, soit je sortais sous contr&#244;le judiciaire. Il a demand&#233; son avis au procureur, qui a demand&#233;, &#224; mon vif soulagement, que je sois plac&#233; sous contr&#244;le judiciaire puisque je n'avais aucun ant&#233;c&#233;dent et que j'&#233;tais &#233;tudiant. L'avocat a pris la parole et a d&#233;clar&#233; les m&#234;mes choses que le procureur, que j'&#233;tais &#233;tudiant, que je n'avais eu affaire &#224; la police ou &#224; la justice, que j'&#233;tais s&#233;rieux&#8230;
Alors le juge et deux autres personnes qui &#233;taient &#224; ses c&#244;t&#233;s sont sortis de la salle par une porte qui &#233;tait juste derri&#232;re eux. Au bout de cinq minutes &#224; peu pr&#232;s, ils sont revenus et le juge a donn&#233; sa d&#233;cision : 15 jours en maison d'arr&#234;t en attendant la nouvelle audience. J'ai &#233;t&#233; foudroy&#233;. J'ai ressenti un violent sentiment d'injustice et de haine. L'avocat me regardait avec d&#233;solation et il a dit aux policiers qui m'accompagnaient : &#171; Donnez-lui &#224; manger, regardez-le, il est dans un &#233;tat ! &#187; Depuis l'accident, en fait depuis lundi matin, le d&#233;but du je&#251;ne, je n'avais eu qu'un verre d'eau&#8230; Je ne comprenais plus ce qu'il m'arrivait, on m'a menott&#233;, j'ai entendu, comme dans un brouillard, les policiers r&#233;pondre gentiment &#224; l'avocat qu'ils allaient s'occuper de moi. Un des policiers, tr&#232;s sympa, m'a demand&#233; &#224; quelle heure &#233;tait la rupture du je&#251;ne et je lui ai r&#233;pondu que c'&#233;tait &#224; 19 heures. Il m'a promis alors que j'aurais &#224; manger &#224; cette heure-l&#224;. Je suis retourn&#233; en cellule, il &#233;tait 18 heures. J'&#233;tais fatigu&#233;, d&#233;go&#251;t&#233;, triste, et j'avais tr&#232;s peur parce que j'allais me retrouver en prison, j'&#233;tais compl&#232;tement KO, j'avais &#233;t&#233; mis KO en un round !
&#192; 19 heures, je m'attendais &#224; avoir &#224; manger, mais la promesse du policier n'a pas &#233;t&#233; tenue. J'ai appel&#233; un surveillant pour qu'on me donne &#224; manger comme pr&#233;vu, mais rien &#224; faire. Ce n'est qu'&#224; 20 heures enfin, comme pour les autres d&#233;tenus qui &#233;taient avec moi, qu'on nous a apport&#233; &#224; manger : j'ai pris un sandwich au fromage que j'ai aval&#233; tr&#232;s rapidement. Je me suis allong&#233; contre le mur, et deux heures apr&#232;s, vers 22 heures, les gendarmes sont venus nous chercher pour nous emmener &#224; la maison d'arr&#234;t de Fleury&#173;-M&#233;rogis. Les policiers nous ont fait monter dans le camion des gendarmes, mais avant ils nous ont fait d&#233;shabiller pour v&#233;rifier qu'on n'avait rien sur nous. Une fois dans le camion, j'ai &#233;t&#233; effray&#233; par le comportement des autres prisonniers : certains avaient l'air contents d'aller en prison ! Par contre, moi, je ne parlais pas, j'&#233;tais en &#233;tat de choc total, je n'arrivais toujours pas &#224; me rendre compte de ce qui m'arrivait&#8230; Nous &#233;tions dans des esp&#232;ces de grilles individuelles, ils nous avaient enlev&#233; les menottes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mercredi 20 octobre, 0 heure et quelques&#8230; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On est arriv&#233; &#224; Fleury-M&#233;rogis peu apr&#232;s minuit. Nous sommes sortis du camion et on nous a plac&#233;s deux par deux dans des cellules, dans un b&#226;timent appel&#233; D4. Il faisait tr&#232;s froid dans cette cellule et nous avons attendu l&#224; plus d'une heure. Quand nous sommes sortis de ce frigo, des surveillants, grincheux et m&#233;chants (ils ne nous parlaient pas, ils gueulaient), nous ont pris les empreintes et en photos pour leur registre. Et nous avons &#233;t&#233; replac&#233;s en cellule, par quatre cette fois. Au bout d'un quart d'heure, on nous a fait ressortir, pour la fouille, il a fallu se d&#233;shabiller &#224; nouveau compl&#232;tement. On nous a fait regagner une autre cellule encore, et au bout de vingt minutes, on nous a emmen&#233;s avec un v&#233;hicule, une sorte d'utilitaire, vers un autre b&#226;timent, dont je ne connais pas le nom&#8230; Nous avons &#233;t&#233; replac&#233;s dans une cellule collective cette fois, des surveillants sont venus nous distribuer des bons pour des produits qui devaient nous &#234;tre apport&#233;s le lendemain. Une fois les bons r&#233;cup&#233;r&#233;s, ils nous ont fait sortir en file indienne dans le couloir et nous ont distribu&#233; des draps, deux couvertures chacun et un sandwich. Nous avons ensuite &#233;t&#233; plac&#233;s en cellule, deux par deux. C'est l&#224; que nous devions passer le reste de la nuit : il y avait deux lits et un robinet, il &#233;tait 2 ou 3 heures du matin&#8230;
&#192; 7 heures, des surveillants sont venus nous r&#233;veiller. &#192; 7h30, on est venu nous apporter le petit-d&#233;jeuner, mais je ne l'ai pas pris, car je voulais avoir la force de continuer le je&#251;ne du Ramadan. Vers 9 heures, on est venu nous chercher, pour aller voir le chef (je crois que c'&#233;tait le chef du b&#226;timent), un par un. C'&#233;tait une femme : elle m'a pos&#233; quelques questions et m'a indiqu&#233; dans quel b&#226;timent j'allais &#234;tre plac&#233;. C'&#233;tait le Dl, et j'allais &#234;tre avec le m&#234;me gar&#231;on avec lequel j'avais pass&#233; la premi&#232;re nuit, il s'appelait David, il avait 19 ans et &#233;tait d'origine antillaise. Une fois l'entretien termin&#233;, nous avons &#233;t&#233; ramen&#233;s en cellule. On est revenu nous chercher au bout d'un quart d'heure : un m&#233;decin nous a examin&#233;s et a pris des radios de nos poumons. Il &#233;tait gentil. Et une fois la s&#233;ance termin&#233;e, on nous a fait monter dans un v&#233;hicule pour nous emmener au b&#226;timent Dl. L&#224;-bas nous avons pass&#233; plusieurs entretiens, avec un psychologue, un m&#233;decin &#224; nouveau et une assistante sociale. Puis on nous a affect&#233;s &#224; la cellule o&#249;, apparemment, nous devions rester pour le reste du temps de d&#233;tention. Il &#233;tait 13 heures. Nous avions d&#233;j&#224; un peu parl&#233;, David et moi : il &#233;tait l&#224; parce qu'il avait braqu&#233; un tabac et quand je lui ai dit pourquoi j'&#233;tais l&#224;, il n'y croyait pas ! Dans la cellule, il y avait deux lits, un poste de t&#233;l&#233;, des WC et un lavabo. Tout &#233;tait tr&#232;s sale, les toilettes &#233;taient &#224; d&#233;couvert, c'est-&#224;-dire qu'il n'y avait rien qui les s&#233;paraient du reste de la cellule, c'&#233;tait &#233;c&#339;urant. Nous nous sommes install&#233;s. Ensuite nous sommes all&#233;s en promenade. Quand j'ai d&#233;couvert la cour de promenade, j'ai &#233;t&#233; choqu&#233; par la vue des b&#226;timents et des cellules vues de l'ext&#233;rieur : tout &#233;tait d&#233;labr&#233;, les vitres cass&#233;es &#233;taient remplac&#233;es par du carton ou des draps ! C'est l&#224; que j'ai vraiment r&#233;alis&#233; que j'&#233;tais en prison. Franchement, cela faisait peur ! Je me suis dit qu'il allait falloir que je reste ici quinze jours et que j'allais devoir &#234;tre tr&#232;s patient&#8230; Nous tournions en rond dans cette cour : les nouveaux arrivants, comme moi, nous avons &#233;t&#233; interrog&#233;s par ceux qui &#233;taient d&#233;j&#224; l&#224;, tous &#233;taient tr&#232;s calmes et tr&#232;s impressionn&#233;s par mon histoire&#8230; Vers 16 heures, on m'a emmen&#233; pour prendre une douche, nous &#233;tions une dizaine, dans des cabines non ferm&#233;es. Cette douche m'a fait vraiment beaucoup de bien. Mais l&#224; aussi, j'ai &#233;t&#233; choqu&#233; : tout le local &#233;tait d'une salet&#233; repoussante&#8230;
Durant ces quinze jours, j'ai eu l'impression de vivre un vrai cauchemar. Ce qui m'a le plus marqu&#233; &#233;tait le total manque de respect de certains gardiens &#224; l'&#233;gard des d&#233;tenus. Par contre il y en avait d'autres qui pouvaient &#234;tre tr&#232;s sympas. Mais ceux qui manquaient de respect &#233;taient tr&#232;s mal polis, ils insultaient les prisonniers, sous n'importe quel pr&#233;texte, par exemple lorsque quelqu'un mettait ses mains dans ses poches, ou lorsqu'un autre ne se pressait pas lors des mouvements pour aller ou revenir de la promenade : &#171; Abruti, branleur, p&#233;d&#233;, travelo&#8230; etc. ! &#187; Mais moi je n'ai jamais &#233;t&#233; insult&#233;. Sinon, c'&#233;tait une routine p&#233;nible : tous les jours se ressemblaient, r&#233;veil le matin, t&#233;l&#233; jusqu'&#224; 16 heures, promenade, t&#233;l&#233; &#224; nouveau jusqu'au soir, sommeil. J'ai poursuivi le je&#251;ne, je gardais le chocolat en poudre du matin pour le mettre sur une tartine le soir, la nourriture n'&#233;tait pas bonne, des choux-fleurs, des carottes&#8230; Dans la cour j'avais retrouv&#233; un tr&#232;s ancien copain, et comme on ne peut pas cantiner la premi&#232;re semaine, il a trouv&#233; moyen, une fois, de me faire passer, par une gardienne sympa, un chausson aux pommes. La seule chose qui me sortait de cette routine &#233;tait les lettres que je recevais de ma famille et de copains. Je les ai toutes gard&#233;es pr&#233;cieusement. Et j'avais de la peine pour David qui, lui, des quinze jours o&#249; j'ai &#233;t&#233; l&#224;, n'a jamais re&#231;u de courrier. Au bout d'une semaine, on nous a chang&#233;s de cellule, nous sommes mont&#233;s &#224; l'&#233;tage. Les conditions &#233;taient les m&#234;mes. Mais cette deuxi&#232;me semaine a &#233;t&#233; tr&#232;s p&#233;nible pour moi, parce que plus le jour du jugement approchait, et plus je stressais, j'imaginais le pire, j'&#233;tais angoiss&#233;, m&#234;me si je savais que ma famille avait pris un avocat pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mardi 2 novembre, 6 heures :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un surveillant est venu me r&#233;veiller. Cette nuit-l&#224;, j'ai tr&#232;s mal dormi. Je pensais au pire, que j'allais avoir de la prison ferme. Des policiers, des avocats, le procureur m&#234;me m'avaient d&#233;j&#224; menti ou s'&#233;taient tromp&#233;s en me disant que je ne risquais pas la prison, que cela allait bien se passer&#8230; Le surveillant m'a pr&#233;venu que le d&#233;part pour le tribunal de Bobigny &#233;tait dans une demi-heure. Et &#224; 7h30, on m'a emmen&#233; dans le m&#234;me b&#226;timent que celui de l'arriv&#233;e. J'ai eu droit &#224; deux fouilles : une fois par les surveillants et une deuxi&#232;me fois par les gendarmes. J'ai attrap&#233; froid et suis tomb&#233; malade &#224; cause de ces fouilles : il fallait se d&#233;shabiller compl&#232;tement, et il faisait terriblement froid ! Une fois mont&#233; dans le camion des gendarmes, j'&#233;tais un peu soulag&#233; : j'esp&#233;rais ne jamais revenir ici, jamais, jamais, jamais&#8230;
Apr&#232;s trois quarts d'heure &#224; peu pr&#232;s de trajet, nous sommes arriv&#233;s au tribunal. L&#224; nous avons &#224; nouveau &#233;t&#233; fouill&#233;s et on nous a plac&#233;s dans une grande cellule. Nous &#233;tions tous, tous les pr&#233;venus, dans la m&#234;me cellule. Et on a attendu&#8230; Vers 13 heures, un policier est venu me chercher pour que je rencontre mon avocat, celui que ma famille avait choisi. L'entretien a dur&#233; un quart d'heure et il m'a promis que j'allais sortir de l&#224;. Il m'a mis en confiance, j'avais confiance en lui. Je suis retourn&#233; en cellule, et les surveillants nous ont apport&#233; &#224; manger : un paquet de chips, deux biscottes, un morceau de fromage pourri, une tartelette et une petite bouteille d'eau. Cette fois j'ai pens&#233; &#224; tout garder pour pouvoir plus tard rompre le je&#251;ne &#224; l'heure. Vers une heure et demie, les surveillants sont venus me chercher pour &#234;tre jug&#233;. J'&#233;tais compl&#232;tement stress&#233;, j'invoquais Dieu pour que je sois lib&#233;r&#233; et pouvoir revenir parmi les gens que j'aime et qui m'aiment. Lorsque je suis entr&#233; dans la salle d'audience, j'ai vu toute ma famille et tous mes amis, la salle &#233;tait pleine, ils &#233;taient tous l&#224; ! D&#232;s que j'ai crois&#233; le regard de mes parents, je n'ai pas pu emp&#234;cher mes yeux de verser des larmes. J'ai pleur&#233;&#8230; jusqu'&#224; ce qu'une polici&#232;re me dise d'arr&#234;ter parce que je faisais ainsi pleurer ma m&#232;re ! Elle s'est aussi adress&#233; &#224; moi, en me r&#233;p&#233;tant d'arr&#234;ter de pleurer, qu'il fallait &#234;tre courageux, que j'allais m'en sortir.
Le juge est arriv&#233; et l'audience a commenc&#233;. Les faits ont &#233;t&#233; rappel&#233;s, le procureur a demand&#233; quatre mois de prison avec sursis, six mois de retrait de permis de conduire et 400 euros d'amende. Mon avocat a pris la parole pour dire que je n'&#233;tais pas un d&#233;linquant, que j'&#233;tais une personne s&#233;rieuse dans la vie, &#233;tudiant en universit&#233;, et que je n'avais jamais eu de probl&#232;mes avec la justice. Il a dit aussi qu'il y avait eu une injustice manifeste en m'envoyant en prison, que ma place n'&#233;tait pas l&#224;-bas et que j'avais d&#233;j&#224; assez souffert comme &#231;a. J'ai ensuite pris la parole pour r&#233;p&#233;ter ce qu'avait dit mon avocat, que je n'&#233;tais pas un d&#233;linquant, que ma place &#233;tait &#224; l'&#233;cole et non en prison&#8230; Enfin le juge a pris la parole pour annoncer le verdict : j'avais tr&#232;s tr&#232;s peur&#8230; Trois mois de prison avec sursis, six mois de retrait de permis de conduire et 300 euros d'amende, voil&#224; le verdict qui a &#233;t&#233; prononc&#233;. J'ai ressenti un soulagement et une joie extraordinaire, un peu temp&#233;r&#233;e par le fait que j'ai ensuite appris que j'allais devoir retourner &#224; Fleury&#173;-M&#233;rogis : mais il me fallait bien r&#233;cup&#233;rer mes affaires et signer des papiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis donc retourn&#233;, menott&#233; &#224; nouveau entre la salle d'audience et le d&#233;p&#244;t, dans la grande cellule d'attente, o&#249; il y avait encore tous ceux qui allaient devoir passer apr&#232;s moi en jugement. Un tunisien, avec lequel j'avais commenc&#233; &#224; faire connaissance, m'a demand&#233; ce que j'avais eu. Je lui ai dit que j'avais eu du sursis et que j'allais &#234;tre lib&#233;r&#233;. Il &#233;tait tr&#232;s content pour moi et nous avons continu&#233; &#224; faire connaissance. J'ai aussi remarqu&#233; un chinois qui avait un &#339;il tr&#232;s tr&#232;s ab&#238;m&#233; : on m'a dit qu'il avait refus&#233; d'embarquer dans un avion pour &#234;tre expuls&#233; et qu'il avait &#233;t&#233; tabass&#233;. J'ai aussi parl&#233; avec un homme de 35 ans &#224; peu pr&#232;s : c'&#233;tait un fran&#231;ais, qui &#233;tait l&#224; pour d&#233;lit de fuite, d&#233;faut de permis et ivre au volant. Je lui ai racont&#233; pourquoi moi j'&#233;tais l&#224; et ce que j'avais eu, en plus des quinze jours pass&#233;s &#224; Fleury-M&#233;rogis, et il s'est fait alors beaucoup de soucis&#8230; Mais quand, plus tard, il est revenu de l'audience, il m'a dit qu'il n'avait rien et sortait ce soir en m&#234;me temps que moi. Rien, pas de prison avec sursis, pas d'amende, pour tout ce qu'il avait fait ! J'ai cru comprendre que s'il n'avait rien eu c'&#233;tait parce que les policiers qui l'avaient arr&#234;t&#233; l'avaient tabass&#233; et lui avaient cass&#233; son portable&#8230; Et m&#234;me si j'&#233;tais content pour lui qu'il n'ait rien, j'&#233;tais quand m&#234;me tr&#232;s choqu&#233; par rapport &#224; ma situation. Nous sommes rest&#233;s l&#224;, &#224; attendre, jusqu'&#224; plus de minuit&#8230;
Nouvelle fouille avant de repartir &#224; Fleury-M&#233;rogis, et nouvelle fouille &#224; l'arriv&#233;e l&#224;-bas&#8230; Tous ceux qui allaient &#234;tre lib&#233;r&#233;s devaient r&#233;cup&#233;rer leurs v&#234;tements, on m'a fait signer des papiers, on m'a redonn&#233; mon argent et mes deux cha&#238;nettes de cou, ma gourmette et ma montre et on m'a conduit vers la sortie. Enfin, je suis sorti de ce trou ! ce trou qui ne m&#232;ne nulle part&#8230; Il &#233;tait quatre heures du matin et toute ma famille et mes amis m'attendaient ! Chacun &#224; leur tour, ils m'ont pris dans leurs bras... avec une tr&#232;s grande joie ! J'avais enfin retrouv&#233; mes proches et je me suis jur&#233; alors de ne plus jamais m'en s&#233;parer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mourad, 20 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Garde &#224; vue d'un lyc&#233;en en d&#233;cembre 2008</title>
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		<dc:date>2010-02-13T23:16:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Defrance</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;T&#233;moignage d'un lyc&#233;en mineur suite au mouvement lyc&#233;en de novembre 2008.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bernard-defrance.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;7. Textes et documents re&#231;us&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Christophe DC&lt;/p&gt; &lt;p&gt;n&#233; le 21 novembre 1992.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;cit de la garde &#224; vue du 29 au 30 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Suite &#224; la plainte d&#233;pos&#233;e contre moi par Madame la Proviseure du lyc&#233;e J.-C. &#224; N., dont j'&#233;tais &#233;l&#232;ve de seconde jusqu'&#224; mon exclusion par d&#233;cision du Conseil de discipline (d&#233;cision dont j'ai fait appel devant la commission rectorale, par ma m&#232;re), j'ai &#233;t&#233; convoqu&#233; au commissariat de N. le lundi 29 d&#233;cembre &#224; 10h. Je suis arriv&#233;, accompagn&#233; de ma m&#232;re et d'une professeure du lyc&#233;e. Deux de mes camarades, les d&#233;l&#233;gu&#233;es qui avaient protest&#233; contre mon exclusion et &#233;galement vis&#233;es par la plainte de la proviseure, &#233;taient l&#224; aussi. J'ai &#233;t&#233; rapidement s&#233;par&#233; de tout le monde, ma m&#232;re n'a pas &#233;t&#233; autoris&#233;e &#224; me suivre et j'ai d&#233;clin&#233; mon identit&#233; dans un bureau. Le policier m'a inform&#233; en me disant : &#171; Tu es en garde &#224; vue &#187; et il a confirm&#233; suite &#224; ma demande que j'allais recevoir les visites d'un m&#233;decin et d'un avocat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On m'a fait asseoir sur un banc, devant le comptoir o&#249; se trouvait le surveillant des cellules, on m'a menott&#233; par un poignet au banc. J'ai attendu une vingtaine de minutes, puis un policier est venu me d&#233;tacher et m'a emmen&#233; dans une pi&#232;ce &#224; part ; il m'a fait d&#233;poser mon t&#233;l&#233;phone portable, ma gourmette, ma montre et les cordons de mes v&#234;tements, mon bonnet, et il m'a demand&#233; de me d&#233;shabiller. Ce que j'ai fait, mais je me suis arr&#234;t&#233; au cale&#231;on. Le policier m'a ordonn&#233; de l'enlever et j'ai refus&#233; en disant : &#171; Non, je ne me mettrai pas nu devant vous. &#187; Il m'a alors r&#233;pondu, mena&#231;ant : &#171; Enl&#232;ve-le o&#249; c'est moi qui te l'enl&#232;ve ! &#187; J'ai &#224; nouveau refus&#233; et il n'a pas mis sa menace &#224; ex&#233;cution. Apr&#232;s avoir fouill&#233; mes v&#234;tements, il m'a dit de me rhabiller, il avait enlev&#233; le cordon de mon sweat-shirt, et il m'a menott&#233; en serrant les menottes tr&#232;s fortement et m'a conduit en cellule, devant laquelle il m'a enlev&#233; les menottes. Il m'a demand&#233; d'enlever mes chaussures, je lui ai demand&#233; pourquoi je ne pouvais pas garder mes chaussures puisqu'il les avait fouill&#233;es et qu'il n'y avait pas de lacets, il m'a r&#233;pondu que c'&#233;tait lui qui d&#233;cidait et de &#171; fermer ma gueule &#187; et de rentrer dans la cellule ! Elle &#233;tait assez grande, avec une sorte de bout de mur au fond avec un matelas et plusieurs couvertures qui avaient une odeur insoutenable. Il n'y avait pas de toilettes ni de robinet, pour faire ses besoins, ou boire de l'eau. J'ai d&#251; faire appel au surveillant de garde et attendre qu'il veuille bien me laisser aller aux toilettes et boire de l'eau. Je me disais qu'il valait mieux ne pas avoir d'envie pressante...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au bout d'une certain temps, il devait &#234;tre 11h/11h30, on est venu me chercher et je me suis retrouv&#233; dans un bureau &#224; r&#233;pondre aux questions qu'on me posait. Cet interrogatoire &#233;tait enregistr&#233; avec une cam&#233;ra. J'ai r&#233;pondu en racontant ce qu'il s'&#233;tait r&#233;ellement pass&#233;, que je n'avais pas vraiment menac&#233; la proviseure, que c'&#233;tait des paroles d'&#233;nervement apr&#232;s cette d&#233;cision d'exclusion que j'estimais profond&#233;ment injuste alors que j'&#233;tais en train de faire des efforts pour ne plus &#234;tre absent &#224; certains cours, qu'il y avait eu ce mouvement lyc&#233;en et que j'avais le sentiment qu'on voulait me punir de la part que j'y avais prise. C'est au milieu de cet interrogatoire que l'avocate que j'avais rencontr&#233;e au pr&#233;alable, le vendredi pr&#233;c&#233;dent cette convocation au commissariat, est arriv&#233;e. Nous avons parl&#233; de l'affaire, elle a essay&#233; de me rassurer, que tout allait se passer normalement, que je pourrai bient&#244;t rentrer chez moi, apr&#232;s &#234;tre pass&#233; chez le juge ; elle m'a donn&#233; de bons conseils pour me comporter dans la suite de l'interrogatoire, qui a repris lorsqu'elle est reparti. Cet interrogatoire &#233;tait tr&#232;s sec : la polici&#232;re n'arr&#234;tait pas de me faire la le&#231;on de mani&#232;re humiliante, en me tutoyant et en m'expliquant que j'avais bien m&#233;rit&#233; ce qui m'arrivait...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'avais rien mang&#233; depuis le matin, la faim hantait mon estomac, l'heure du d&#233;jeuner arriva. Content, j'eus le choix entre deux plats congel&#233;s : poulet basquaise ou b&#339;uf carottes, j'ai choisi le poulet. Quelques minutes apr&#232;s, on m'a apport&#233; le plat, il avait l'air app&#233;tissant, sauf qu'&#224; la premi&#232;re bouch&#233;e je me suis rendu compte que le poulet &#233;tait encore congel&#233; &#224; l'int&#233;rieur et le riz cru et froid. J'ai demand&#233; au surveillant de me le r&#233;chauffer et il m'a r&#233;pondu : &#171; Je ne suis pas cuisinier alors tu manges et en silence ! &#187; Pris par la faim, j'ai mang&#233; ce plat &#224; moiti&#233; congel&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une ou deux heures apr&#232;s le d&#233;jeuner &#8211; je perdais la notion du temps &#8211; on est venu me faire changer de cellule. Cette nouvelle cellule &#233;tait beaucoup plus petite que la pr&#233;c&#233;dente, il y avait aussi un matelas pos&#233; sur un muret de b&#233;ton avec deux couvertures puantes, mais il y avait une odeur encore plus horrible qui venait du fond : je suis all&#233; voir la provenance de cette odeur infecte, elle venait de toilettes banales, avec si&#232;ge, mais apparemment la chasse d'eau ne fonctionnait pas et quand j'ai voulu les utiliser il y avait des excr&#233;ments d'autres personnes qui d&#233;bordaient, j'ai &#233;t&#233; compl&#232;tement bloqu&#233; par la vue et l'odeur. J'ai demand&#233; &#224; pouvoir aller aux toilettes g&#233;n&#233;rales mais le policier m'a r&#233;pondu en ricanant : &#171; T'as des toilettes alors fais pas chier ! &#187; Je n'ai pas r&#233;pondu et je suis rest&#233; assis sur le matelas... Quelques temps plus tard, on est venu me rechercher, on m'a emmen&#233; dans un bureau, on m'a fait asseoir sur une chaise, j'avais une sorte d'&#233;criteau aux pieds, on m'a pris en photo en entier, la figure de face et de profil, et ils ont &#233;galement pris les empreintes. Je suis revenu en cellule, et encore un peu plus tard, on m'a ramen&#233; dans le bureau o&#249; j'avais &#233;t&#233; fouill&#233; et un agent avec des gants et un masque sur le nez et la bouche m'a pass&#233; un coton-tige dans la bouche : je ne comprenais rien &#224; ce qui se passait, on ne me donnait aucune explication, je me suis rendu compte apr&#232;s que c'&#233;tait pour relever mon ADN...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, vers 19H00, on est venu me changer &#224; nouveau de cellule : et l&#224; je me suis rendu compte que c'&#233;tait encore plus r&#233;pugnant que les deux pr&#233;c&#233;dentes ! J'ai &#233;t&#233; pris d'un haut-le-coeur en entrant et j'ai failli vomir. Ce qui a fait rire le policier ! Qui m'a dit alors : &#171; C'est ta chambre pour la nuit, habitue-toi vite parce que tu ne sors plus jusqu'&#224; demain ! &#187;. J'&#233;tais toujours en chausettes, sans ma veste, il faisait tr&#232;s froid, comme dans une cave, j'ai regard&#233; : les murs &#233;taient couverts d'inscriptions avec des doigts qui avaient servi de plume et les excr&#233;ments d'encre... Un petit muret, comme dans les autres cellules, mais cette fois sans matelas avec une seule couverture. Par terre, je faisais attention o&#249; je mettais les pieds, il y avait des traces visqueuses, des crachats et des gens de toute &#233;vidence s'&#233;taient masturb&#233;s l&#224;... Les toilettes au fond &#233;taient &#171; &#224; la turque &#187;, en acier, couvertes d'excr&#233;ments qui d&#233;bordaient et je me suis rendu compte que la commande de la chasse &#233;tait &#224; l'ext&#233;rieur de la cellule. Plusieurs fois j'ai demand&#233; au surveillant qu'il veuille bien la tirer, il rigolait, il me disait qu'il allait le faire et il ne l'a jamais fait. Au moment du d&#238;ner, je n'avais plus le choix, j'ai eu droit au boeuf carottes congel&#233; : malgr&#233; le go&#251;t et l'odeur j'ai mang&#233;... Un petit moment apr&#232;s le d&#238;ner, j'ai dit que j'avais tr&#232;s froid : et le surveillant m'a apport&#233; une de mes vestes, et j'ai appris apr&#232;s que c'&#233;tait ma m&#232;re qui l'avait apport&#233;e. J'ai essay&#233; de me couvrir la t&#234;te et la figure avec, malgr&#233; le froid, pour essayer de diminuer l'odeur &#233;pouvantable. J'ai quand m&#234;me essay&#233; de me coucher sur ce muret sans matelas et de dormir mais la lumi&#232;re &#233;tait tellement aveuglante que tout sommeil restait impossible. Je n'ai absolument pas pu dormir de la nuit : je somnolais et me r&#233;veillais sans arr&#234;t... Je me repassais dans la t&#234;te tous les &#233;v&#233;nements, je passais de l'abattement &#224; la col&#232;re, j'&#233;tais pris d'envie de tout casser &#8211; mais il n'y avait rien &#224; casser ! Je me revoyais devant la proviseure et j'avais des envies de vengeance...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le matin, on m'a donn&#233; deux petites galettes et une petite brique de jus de fruit, et vers 9h00, l'agente qui m'avait interrog&#233; la veille m'a fait sortir de la cellule : on m'a fait signer un papier, j'ai r&#233;cup&#233;r&#233; le cordon de mon sweat-shirt, mes chaussures, et tous les objets (mon t&#233;l&#233;phone notamment) qui m'avaient &#233;t&#233; retir&#233;s &#224; la fouille. J'&#233;tais content, je croyais que j'allais pouvoir rentrer &#224; la maison ! Mais quelques secondes apr&#232;s, j'ai vu arriver S. que deux policiers en uniforme accompagnaient : elle &#233;tait menott&#233;e. Ils m'ont menott&#233; aussi, tr&#232;s serr&#233;, j'ai demand&#233; qu'ils desserrent mais ils n'ont rien fait ni r&#233;pondu et on s'est retrouv&#233; dans un fourgon qui a d&#233;marr&#233;. Les poignets me faisaient mal... Dans le fourgon j'ai demand&#233; &#224; Sarah o&#249; nous allions, elle ne savait pas non plus et les agents ne nous r&#233;pondaient pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une dizaine de minutes environ apr&#232;s nous sommes arriv&#233;s &#224; la pr&#233;fecture de N. par une entr&#233;e qui m'&#233;tait inconnue. J'avais toujours les menottes tr&#232;s serr&#233;es... L'agent me fit avancer, entrer dans la pr&#233;fecture et il me fit m'arr&#234;ter devant une petite porte. S. y entra la premi&#232;re, elle y resta une quinzaine de minute et ressortit. Mon policier me fit entrer dans la pi&#232;ce : elle &#233;tait tr&#232;s petite. J'ai retir&#233; mes vestes comme un des agents me l'a demand&#233;, et l'autre agent s'est mis &#224; se moquer de moi en ricanant : &#171; T'es pas aussi costaud que &#231;a, tu es m&#234;me tout sec ! &#187;. Ils m'ont fouill&#233; mais je n'ai pas eu &#224; me d&#233;shabiller, j'ai d&#233;pos&#233; mes affaires dans un carton et j'ai sign&#233; un papier, c'&#233;tait mon entr&#233;e au &#171; d&#233;p&#244;t &#187;. Personne ne donnait la moindre explication, je ne savais toujours pas pourquoi j'&#233;tais l&#224;, ce que je faisais dans cet endroit et mes questions aux agents restaient sans r&#233;ponse. D'autres policiers sont venus et m'ont emmen&#233; dans un &#233;tage : j'ai &#233;t&#233; menott&#233; au banc et S. &#233;tait sur un autre banc juste devant moi. S. a demand&#233; si elle pouvait aller aux toilettes et un agent de police, assez &#226;g&#233;, dit &#224; deux policiers hommes de l'emmener dans une cellule pour mineurs pour satisfaire sa demande. S. a refus&#233; : elle ne voulait pas aller aux toilettes accompagn&#233;e de deux agents hommes ! L'agent assez &#226;g&#233; vint alors la voir et s'&#233;cria : &#171; Mais t'es conne ou quoi ? Ils ne vont pas te regarder c'est juste pour qu'il n'y ait pas de probl&#232;mes ! &#187;, S. resta muette et moi aussi. On m'a emmen&#233; ensuite dans une pi&#232;ce &#224; part et le policier m'a pos&#233; des questions sur mon affaire et je n'ai pas r&#233;pondu : j'avais donn&#233; les coordonn&#233;es t&#233;l&#233;phoniques de mon avocate et je l'attendais. La cellule &#233;tait propre et il y avait des toilettes propres. Au d&#233;jeuner j'ai eu droit &#224; deux oeufs durs coup&#233;s en deux, un morceau de camembert tout &#233;cras&#233;, deux bouts de pain durs comme des os et une pomme. J'ai tout mang&#233; parce que j'avais faim.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s quoi je suis pass&#233; dans le bureau du juge pour enfants. Du coup, malgr&#233; ce que m'avait d&#233;j&#224; dit l'avocate au commissariat, j'avais tr&#232;s peur de me retrouver en prison ! Ma m&#232;re et mon avocate &#233;taient l&#224;. J'ai racont&#233; simplement tout ce qu'il s'&#233;tait pass&#233; &#224; la fin de ce conseil de discipline, que j'&#233;tais tr&#232;s en col&#232;re, surtout que j'avais fait des efforts pour ne plus &#234;tre absent en cours, mais que personne n'en avait tenu compte &#224; cause certainement du r&#244;le que j'avais jou&#233; dans le mouvement lyc&#233;en, et que je n'avais pas du tout l'intention d'insulter ou de menacer la proviseure elle-m&#234;me, ou de br&#251;ler le lyc&#233;e, que c'&#233;tait des phrases sous le coup de la col&#232;re, qu'elle avait mal interpr&#233;t&#233;es et d'ailleurs les personnes pr&#233;sentes, et notamment les profs, pouvaient en t&#233;moigner. Ensuite la juge a pris une d&#233;cision o&#249; le Centre d'Action &#233;ducative de S. doit prendre contact avec moi et remettre un rapport sur moi &#224; la juge en juin prochain... Et enfin je suis sorti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A propos de la proposition de loi d'une d&#233;put&#233;e UMP visant &#224; interdire la fess&#233;e pour les enfants</title>
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		<dc:creator>Bernard Defrance</dc:creator>



		<description>Interdire la fess&#233;e ? Encore une de ces pol&#233;miques stupides dont nous avons le secret en France ! Faut-il ou non une loi pour interdire de donner la fess&#233;e aux enfants ? Et les passions de se d&#233;cha&#238;ner, jusqu'au ridicule d'une ministre qui signe l'appel du Conseil de l'Europe contre les ch&#226;timents corporels et qui pr&#233;tend ensuite ne pas l'avoir fait et qui d&#233;veloppe des arguments sur la &#171; fess&#233;e qui structure &#187; ! Un p&#233;dopsychiatre, Aldo Naouri &#8211; qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; distingu&#233; en s'opposant &#224; la ratification (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Interdire la fess&#233;e ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore une de ces pol&#233;miques stupides dont nous avons le secret en France ! Faut-il ou non une loi pour interdire de donner la fess&#233;e aux enfants ? Et les passions de se d&#233;cha&#238;ner, jusqu'au ridicule d'une ministre qui signe l'appel du Conseil de l'Europe contre les ch&#226;timents corporels et qui pr&#233;tend ensuite ne pas l'avoir fait et qui d&#233;veloppe des arguments sur la &#171; fess&#233;e qui structure &#187; ! Un p&#233;dopsychiatre, Aldo Naouri &#8211; qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; distingu&#233; en s'opposant &#224; la ratification par la France de la Convention relative aux Droits de l'Enfant &#8211; pr&#233;tend que l'Etat n'a pas &#224; s'immiscer dans la sph&#232;re familiale en interdisant la fess&#233;e : heureusement que l'Etat s'immisce quand m&#234;me pour les enfants maltrait&#233;s (trois morts en moyenne par semaine en France) et les femmes battues. Et un de ses &#233;minents confr&#232;res, Marcel Ruffo, qui d&#233;veloppe par ailleurs d'excellents arguments contre la fess&#233;e, refuse qu'on l&#233;gif&#232;re l&#224;-dessus et pr&#233;f&#232;re qu'on &#171; explique &#187; plut&#244;t qu'on interdise. A ce compte il ne faudrait pas non plus &#171; interdire &#187; les violences conjugales et se contenter &#171; d'expliquer &#187; aux maris violents ! Or, aux termes de notre droit, il est plus grave de fesser sa fille que sa femme...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, tout le monde dans cette affaire semble oublier une chose extr&#234;mement simple et indiscutable, inscrite dans notre droit et notre code p&#233;nal depuis longtemps, &#224; savoir que toute violence exerc&#233;e par un majeur contre un mineur est plus lourdement punie que si la m&#234;me violence est exerc&#233;e contre un autre majeur. Imagine-t-on une seconde l'impunit&#233; pour le cadre qui fesserait sa secr&#233;taire pour quelques fautes de frappe ? Or, c'est moins grave que pour l'instit de frapper un &#233;l&#232;ve pour des b&#234;tises en classe. Mais quel est le r&#233;sultat dans les deux cas quand ces affaires viennent devant les tribunaux ? Dans l'application de ses propres principes notre justice a encore quelques progr&#232;s &#224; accomplir...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il en est de m&#234;me dans la sph&#232;re familiale et les chiffres des violences conjugales sont l&#224; pour montrer qu'heureusement les lois peuvent &#234;tre utilis&#233;es pour r&#233;primer les comportements de certains maris (et certaines femmes ?) violent(e)s. Or, encore une fois, il est plus grave, aux termes m&#234;me du droit, de frapper son enfant que sa femme (ou son mari !). Cette proposition de loi est une &#233;vidence : la France s'honorerait de rejoindre enfin les vingt pays europ&#233;ens qui ont d&#233;j&#224; explicitement interdit la fess&#233;e pour les enfants, et r&#233;servons-la &#224; ceux et celles, adultes, qui aiment la donner ou la recevoir...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;cembre 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vous avez dit &quot;Identit&#233; fran&#231;aise&quot; ?</title>
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		<dc:creator>Bernard Defrance</dc:creator>



		<description>Le d&#233;bat lanc&#233; par Besson sur &quot;l'identit&#233; fran&#231;aise&quot; m'a inspir&#233; deux petites remarques (reproduction libre avec mention d'origine) : 1. L'expression &quot;fier d'&#234;tre fran&#231;ais&quot; t&#233;moigne de la part de celui qui l'utilise de son ignorance du sens des mots en langue fran&#231;aise, ce qui serait savoureux si ce n'&#233;tait surtout grotesque ; on ne peut &#234;tre &quot;fier&quot; que de ce dont on est, au moins partiellement, responsable : je peux &#234;tre fier d'avoir tenu un engagement difficile, d'avoir r&#233;ussi une &#233;preuve quelconque gr&#226;ce (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat lanc&#233; par Besson sur &quot;l'identit&#233; fran&#231;aise&quot; m'a inspir&#233; deux petites remarques (reproduction libre avec mention d'origine) :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. L'expression &quot;fier d'&#234;tre fran&#231;ais&quot; t&#233;moigne de la part de celui qui l'utilise de son ignorance du sens des mots en langue fran&#231;aise, ce qui serait savoureux si ce n'&#233;tait surtout grotesque ; on ne peut &#234;tre &quot;fier&quot; que de ce dont on est, au moins partiellement, responsable : je peux &#234;tre fier d'avoir tenu un engagement difficile, d'avoir r&#233;ussi une &#233;preuve quelconque gr&#226;ce &#224; mes efforts, etc. ; en aucun cas, je ne peux &#234;tre &quot;fier&quot; d'une situation (&#234;tre fran&#231;ais) qui n'est que le r&#233;sultat d'une tr&#232;s longue s&#233;rie de causalit&#233;s (ce qu'on appelle le hasard) qui m'&#233;chappent compl&#232;tement. Certes, quand je regarde les conditions d'existence de l'immense majorit&#233; des hommes et des femmes de cette plan&#232;te, je suis plut&#244;t content d'&#234;tre fran&#231;ais, mais je ne saurais en aucun cas en &#234;tre fier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paradoxalement, et c'est ce que ne voient pas nos ignorants du sens des mots (je signale d'ailleurs au passage, voyez Le Petit Robert, que les sens premiers de &#171; fier &#187; sont &#171; f&#233;roce &#187;, de ferus, sauvage, &#171; cruel &#187;, ensuite &#171; arrogant, vaniteux, d&#233;daigneux, m&#233;prisant... &#187; - et on voit assez bien &#224; qui cela peut s'appliquer...), les seuls qui peuvent l&#233;gitimement se dire &quot;fiers d'&#234;tre fran&#231;ais&quot; (au sens actuel) sont tous ceux qui ont r&#233;ussi, voulant &#233;chapper &#224; la mis&#232;re, aux pers&#233;cutions de dictatures, aux tortures, et au prix de souffrances et d'&#233;preuves consid&#233;rables (les trois jours et quatre nuits pass&#233;s par le p&#232;re kurde d'un de mes &#233;l&#232;ves coinc&#233; sous la banquette arri&#232;re d'une camionnette sans boire ni manger pour traverser clandestinement les fronti&#232;res et &#233;chapper aux ge&#244;les turques...) : effectivement, ceux-l&#224;, oui, peuvent &#234;tre fiers d'&#234;tre devenus fran&#231;ais et d'avoir r&#233;ussi &#224; assurer un avenir &#224; peu pr&#232;s correct &#224; leurs enfants (Yavuz, le fils, bac avec mention, aujourd'hui informaticien).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Mon nom me trahit : DEFRANCE, descendant des envahisseurs immigr&#233;s de l'est, il y a d&#233;j&#224; quelque temps, install&#233;s initialement dans la plaine de France au nord de l'actuel Paris, libres par rapport &#224; l'empire romain (&quot;francs&quot;) ; et je suis, disons... plut&#244;t content de porter ce nom, (France &#233;tait le pr&#233;nom d'une de mes grands-m&#232;res : France Langhade &#233;pouse Defrance) parce qu'il rassemble en lui seul les deux concepts de v&#233;rit&#233; (quelqu'un qui dit la v&#233;rit&#233; est qualifi&#233; de &quot;franc&quot;) et de libert&#233; (ce qu'on retrouve dans &quot;commerce en franchise&quot;, &quot;Franche-Comt&#233;&quot;, etc.) : il n'y a pas de libert&#233; sans v&#233;rit&#233;, ni de v&#233;rit&#233; sans libert&#233; - v&#233;rit&#233; et libert&#233; pi&#233;tin&#233;es par l'innommable Besson, qui n'est en lui-m&#234;me qu'un &#233;piph&#233;nom&#232;ne d&#233;risoire (mais aussi malfaisant).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seule ombre au tableau &#224; propos de ce patronyme : s'il se rencontre le plus fr&#233;quemment dans l'Yonne (mon grand-p&#232;re &#233;tait d'Auxerre), c'est parce que, &#224; une &#233;poque o&#249; il n'y avait pas encore de nom &#224; proprement parler mais des pr&#233;noms, on appelait souvent les gens par leur origine provinciale (Lebreton, Picard, Lelorrain, etc.), et ces gens avaient au moment de la guerre de Cent Ans fait le choix des Bourguignons et des Anglais contre le roi de France et s'&#233;taient exil&#233;s en Bourgogne : ils venaient &quot;de France&quot; ; et c'est ainsi que ceux qui portent ce nom descendent donc de &quot;tra&#238;tres&quot; &#224; la &quot;nation fran&#231;aise&quot; ! Vous avez dit &quot;identit&#233; fran&#231;aise&quot; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(merci &#224; Luc C&#233;delle, du journal Le Monde d'avoir repris le premier paragraphe de cette note dans son blog : &lt;a href='http://education.blog.lemonde.fr/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://education.blog.lemonde.fr/&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bient&#244;t les chars dans les banlieues ?</title>
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		<dc:creator>Bernard Defrance</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Texte &#233;crit avant l'alternance de 2002, et publi&#233; dans plusieurs revues depuis....&lt;/p&gt;

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		<title>Vivre ensemble ?</title>
		<link>http://bernard-defrance.net/spip.php?article25</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Defrance</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Editorial de la derni&#232;re &quot;Lettre de l'Appel des 93&quot;, f&#233;vrier 2008&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bernard-defrance.net/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;5. Mes textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivre ensemble ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin&lt;/i&gt;. &#187; (Kierkegaard)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On sait que c'est &#224; partir d'une rencontre entre Herv&#233; Bramy et des coll&#233;giens qui exprimaient leur sentiment d'&#234;tre stigmatis&#233;s du fait d'habiter dans le &#171; 9-3 &#187;, qu'est n&#233;e l'id&#233;e de cet &#171; Appel des 93 &#187; dans le but d'essayer de modifier le regard n&#233;gatif trop souvent port&#233; &#8211; pas seulement par les m&#233;dias &#8211; sur notre d&#233;partement et ses habitants. Cet appel est donc issu d'une col&#232;re et, depuis deux ans maintenant, en dehors de toute ob&#233;dience id&#233;ologique et en toute autonomie d'esprit, nous nous effor&#231;ons de conduire diverses initiatives propres &#224; essayer d'enrayer les impressions de fatalit&#233;, de discrimination voire d'exclusion, que peuvent ressentir encore de trop nombreux jeunes, de travailleurs, d'anciens aussi, qui pourtant font la richesse de ce d&#233;partement. Notre diversit&#233; est &#233;videmment un atout : artistes, &#233;crivains, responsables associatifs, syndicalistes, enseignants, cadres, ouvriers, entrepreneurs, personnels de sant&#233;, travailleurs sociaux, professionnels du droit, journalistes, scientifiques... Impossible de &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187; une telle collection ! Notre point commun : nous aimons ce lieu, nous aimons la Seine-Saint-Denis, nous aimons ses habitants, nous ne supportons pas les &#233;tiquettes stigmatisantes, les clich&#233;s et le m&#233;pris.
En effet, ce d&#233;partement est sans doute aujourd'hui une des terres les plus riches humainement de toute la plan&#232;te : o&#249; ailleurs dans le monde pourrait-on trouver sur une surface g&#233;ographique aussi restreinte un tel concentr&#233; de toutes les diversit&#233;s humaines, de toutes les origines et de toutes les cultures ? New-York peut-&#234;tre ? Mais on sait que, dans &#171; la Grosse Pomme &#187;, les ethnies sont cliv&#233;es par quartiers, alors qu'ici le mod&#232;le dit r&#233;publicain r&#233;ussit encore &#224; brasser toutes les classes et populations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut d&#233;noncer &#8211; il y a urgence &#8211; le terme trop souvent employ&#233; de &#171; ghettos &#187; pour d&#233;signer des quartiers dits &#171; en difficult&#233;s &#187; : historiquement, un ghetto d&#233;signe un quartier de confinement, par d&#233;cision des pouvoirs politiques, de populations homog&#232;nes (en Europe, les juifs pendant des si&#232;cles...) En r&#233;alit&#233;, dans nos quartiers populaires, ce sont des agents &#233;conomiques parfaitement identifiables et identifi&#233;s qui ont cr&#233;&#233; et continuent &#224; cr&#233;er ces quartiers d&#233;grad&#233;s : on ne le sait pas suffisament, mais la plupart des cit&#233;s qui ont &#171; explos&#233; &#187; les premi&#232;res, fin octobre et en novembre 2005, &#224; Clichy-sous-Bois, sont des copropri&#233;t&#233;s de droit priv&#233;, g&#233;r&#233;es par des syndics et des agences immobili&#232;res dont personne &#8211; ou presque ! &#8211; ne v&#233;rifie les comptes... Exemple : un cabinet immobilier qui a son si&#232;ge &#224; la D&#233;fense, compte syst&#233;matiquement 1,50 &#8364; de &#171; frais d'envoi de quittances &#187; tous les mois sur les loyers des centaines d'appartements qu'il g&#232;re, ce qui est parfaitement ill&#233;gal et qui rel&#232;verait de proc&#233;dures p&#233;nales. Evidemment la modicit&#233; de la somme pour chaque locataire fait que personne n'y pr&#234;te attention ; mais, faites le calcul, sur la dur&#233;e d'occupation de chaque logement, et sur le nombre de logements, des sommes ainsi vol&#233;es ! Et ces voyous en costard-cravate ne risquent &#233;videmment pas le contr&#244;le d'identit&#233; au faci&#232;s et la comparution imm&#233;diate pour outrage s'ils avaient le malheur de protester...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons encore du chemin &#224; parcourir : oui, les difficult&#233;s de ce d&#233;partement sont r&#233;elles, la pauvret&#233;, la pr&#233;carit&#233;, le ch&#244;mage et l'exclusion ne sont pas seulement des menaces, mais de tristes v&#233;cus qui d&#233;truisent trop de familles et d'enfants. Trop souvent notre terre produit une richesse qui ne profite que tr&#232;s peu &#224; ses habitants. Mais, nous le savons aussi, ce sont les habitants eux-m&#234;mes qui peuvent d&#233;ployer les &#233;nergies n&#233;cessaires pour d&#233;passer ces fatalit&#233;s, et nous essayons donc de continuer &#224; valoriser toutes ces initiatives &#233;conomiques, associatives, culturelles, politiques (au plus noble sens du mot), qui font le bonheur de se dire d'ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai enseign&#233; les dix derni&#232;res ann&#233;es de ma carri&#232;re au lyc&#233;e Maurice Utrillo de Stains : les &#233;l&#232;ves me demandaient souvent pourquoi, en fin de carri&#232;re, &#224; mon &#226;ge ( !), j'enseignais en ce lieu banni, en cette banlieue, &#233;tait-ce une &#171; punition &#187; ? J'expliquais alors que, depuis le d&#233;but de ma carri&#232;re (en Berry, puis en Seine-et-Marne) j'en r&#234;vais tous les ans de pouvoir enfin rejoindre ce d&#233;partement o&#249; je suis arriv&#233; par mariage et donc aussi... par amour ! en 1969. &#171; Traitre &#224; la bourgeoisie versaillaise dont je viens par ma famille &#8211; expliquais-je &#224; mes &#233;l&#232;ves &#8211; je connais de l'int&#233;rieur les ghettos de riches ! Vous croyez que je vais &#233;changer vos richesses contre leur mis&#232;re ? &#187; Dans les m&#234;mes classes, &#224; Stains, le r&#234;ve du philosophe ! Juifs et arabes, serbes et croates, vietnamiens et malgaches, tha&#239;landais, congolais et maliens, indiens et pakistanais, turcs, kurdes et chald&#233;ens, chr&#233;tiens &#233;vang&#233;listes ou catholiques, mormons, musulmans, syriaques, boudhistes, animistes et... ath&#233;es !, tous fran&#231;ais ou presque ! et j'en oublie bien s&#251;r (il nous manquait juste un peu de latinos-sud-am&#233;ricains !), et l'Europe de l'Est qui arrive aussi : tous ces enfants, adolescents et jeunes adultes qui apprennent &#224; se d&#233;couvrir, se conna&#238;tre, se parler... Et la m&#234;me diversit&#233; et richesse dans les quartiers populaires... Nous savons, ici, en Seine-Saint-Denis, ce que signifie vivre ensemble, nous savons qu'ici s'invente la civilisation du 21e si&#232;cle et la vraie mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bernard Defrance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>DEI-France</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Defrance</dc:creator>



		<description>A noter sur vos agendas : le samedi 20 novembre prochain, notre Journ&#233;e d'Etudes annuelle, centr&#233;e sur la question essentielle de savoir ce qu'on peut entendre par &quot;int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'enfant&quot;, dans la CIDE et notamment son pr&#233;ambule : comment l'exigence de prise en compte de cet &quot;int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur&quot; avant toute d&#233;cision concernant l'enfant, doit-elle &#234;tre interpr&#233;t&#233;e ? Tous les renseignements sur le site de DEI-France. DEI-France : l'audition du gouvernement fran&#231;ais par le Comit&#233; des experts de l'ONU (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A noter sur vos agendas :&lt;strong&gt; &lt;i&gt;le samedi 20 novembre prochain, notre Journ&#233;e d'Etudes annuelle, centr&#233;e sur la question essentielle de savoir ce qu'on peut entendre par&lt;/i&gt; &quot;int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'enfant&quot;, &lt;i&gt;dans la CIDE et notamment son pr&#233;ambule : comment l'exigence de prise en compte de cet &quot;int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur&quot; avant toute d&#233;cision concernant l'enfant, doit-elle &#234;tre interpr&#233;t&#233;e ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; Tous les renseignements sur le site de DEI-France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;DEI-France&lt;/strong&gt; : l'audition du gouvernement fran&#231;ais par le Comit&#233; des experts de l'ONU sur l'application de la Convention Internationale sur les Droits de l'Enfant en France, a eu lieu le 26 mai 2009 &#224; Gen&#232;ve : Nadine Morano, accompagn&#233;e d'une d&#233;l&#233;gation, y repr&#233;sentait le gouvernement fran&#231;ais, et le moins qu'on puisse dire est que la s&#233;ance n'a pas &#233;t&#233; vraiment de tout repos pour le gouvernement fran&#231;ais ! Voir le compte-rendu, avec les recommandations des Experts, dans le n&#176; 287 de septembre 2009 du &lt;i&gt;Journal du Droit des Jeunes&lt;/i&gt; : [&lt;a href='http://www.droitdesjeunes.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.droitdesjeunes.com&lt;/a&gt;] et les commentaires de DEI-France sur le site : &lt;a href='http://www.dei-france.org/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.dei-france.org&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voir &#233;galement sur le site, nos derniers communiqu&#233;s : celui sign&#233; en commun avec France Terre d\'Asile et le COFRADE, les coordonn&#233;es de nos d&#233;l&#233;gu&#233;s locaux et aussi le rapport d&#233;pos&#233; aupr&#232;s de Comit&#233; des Experts en r&#233;ponse &#224; celui du gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toujours sur le site de DEI-France, et d'une actualit&#233; tr&#232;s chaude, notre analyse du projet de loi visant &#224; faire dispara&#238;tre l'institution du D&#233;fenseur des Enfants et la Commission Nationale de D&#233;ontologie de la S&#233;curit&#233; (CNDS) en les noyant dans la tr&#232;s vague institution d'un &quot;D&#233;fenseur des Droits&quot; qui regrouperait aussi les services de l'actuel M&#233;diateur de la R&#233;publique : visiblement les interpellations de l'actuelle D&#233;fenseure, Dominique Versini (sur le sort des mineurs dont les parents sont en situation dite irr&#233;guli&#232;re quant aux conditions de s&#233;jour en France, par exemple) et les derniers rapports de la CNDS (notamment sur les conditions de garde &#224; vue des mineurs) ont fortement d&#233;plu en haut lieu...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &quot;proc&#232;s de l'Ordonnance de 1945&quot; a eu lieu le samedi 26 septembre 2009 &#224; l'Assembl&#233;e Nationale&lt;/strong&gt; : d&#233;bats riches, approfondis, qui ont permis de d&#233;noncer des d&#233;rives potentielles, par rapport aux exigences de traitement s&#233;rieux de la d&#233;linquance des mineurs, pas seulement dans le rapport dit &quot;Varinard&quot; du nom de l'ancien recteur qui a pr&#233;sid&#233; la commission charg&#233;e de r&#233;fl&#233;chir &#224; cette question, mais aussi du projet de &quot;Code P&#233;nal des Mineurs&quot; tel que pr&#233;sent&#233; ensuite par la Chancellerie : voir ce projet et ses critiques dans le suppl&#233;ment au &lt;i&gt;JDJ&lt;/i&gt; de juin 2009 (voir site du &lt;i&gt;Journal du Droit des Jeunes&lt;/i&gt;). Le DVD de la Journ&#233;e peut &#234;tre command&#233; sur le site de DEI.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, notez que nos rapports des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, sur l'application en France et par la France de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, sont enti&#232;rement &#224; votre disposition sur notre site en t&#233;l&#233;chargement libre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La cotisation pour 12 mois &#224; DEI-France : 20 &#8364; pour les personnes physiques, selon dimension et ressources pour les personnes morales.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelques informations sur le site...</title>
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		<description>Dans la rubrique Actualit&#233;s : j'ai repris l'envoi plus ou moins r&#233;gulier des Lettres-DOC de DEI-France, et je suis en train de rattraper le retard &#224; placer ici les lettres depuis l'interruption provisoire. Cette lettre documentaire concerne les Droits de l'Enfant et est envoy&#233;e aux adh&#233;rents, correspondants d&#233;l&#233;gu&#233;s et associ&#233;s de la section fran&#231;aise de D&#233;fense des Enfants International : liens vers des documents, articles de presse, appels, publications et annonces d'&#233;v&#233;nements divers diffus&#233;s sur (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la rubrique Actualit&#233;s&lt;/strong&gt; : j'ai repris l'envoi plus ou moins r&#233;gulier des Lettres-DOC de DEI-France, et je suis en train de rattraper le retard &#224; placer ici les lettres depuis l'interruption provisoire. Cette lettre documentaire concerne les Droits de l'Enfant et est envoy&#233;e aux adh&#233;rents, correspondants d&#233;l&#233;gu&#233;s et associ&#233;s de la section fran&#231;aise de D&#233;fense des Enfants International : liens vers des documents, articles de presse, appels, publications et annonces d'&#233;v&#233;nements divers diffus&#233;s sur internet. Attention certains liens (notamment avec des organes de presse) peuvent &#234;tre p&#233;rim&#233;s, et donc si le document vous int&#233;resse, vous pouvez me le demander, peut-&#234;tre l'ai-je enregistr&#233; (pour une communication priv&#233;e exclusivement).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, pr&#233;cision technique : si les liens ne fonctionnent pas, les copier puis les coller dans la barre d'adresse de votre navigateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous pouvez vous abonner gratuitement par simple message &#224; dei@bernard-defrance.net .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans textes et documents re&#231;us&lt;/strong&gt; : actualisation en cours : patience..., je viens juste de placer quelques t&#233;moignages de gardes &#224; vue, pour alimenter le d&#233;bat toujours bien actuel sur le &quot;traitement&quot; de la d&#233;linquance des mineurs et la mani&#232;re dont ceux-ci sont, habituellement ou non (on sait que certaines brigades des mineurs font un travail remarquable...), trait&#233;s par la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans mes textes&lt;/strong&gt;, l&#224; aussi, actualisation en cours ! Je vais placer le plus rapidement possible les textes de divers articles et interventions et notamment celle du colloque en hommage &#224; Fernand Oury tenu &#224; l'Universit&#233; de Nanterre en novembre 2008 ainsi celle du 26 septembre 2009 au &quot;Proc&#232;s de l'Ordonnance de 1945&quot;. Si cela tarde trop, n'h&#233;sitez pas &#224; me relancer !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voir sur cette page ci-dessous, quelques informations sur DEI-France et pr&#233;cisions techniques sur le site.
&lt;strong&gt;Bonne visite !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Platon. </title>
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		<description>Un esprit pervers trouve son plaisir dans la soumission qu'on a pour lui.

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