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Je suis né le 4 décembre 1980, à Kayserie, c’est une ville de Turquie, alors que mon père était à l’armée. J’étais le deuxième enfant de mes parents. J’ai vécu en Turquie jusqu’à l’âge de six ans. À cause de certains problèmes politiques, mon père a dû quitter la Turquie, il est venu s’installer en France, auprès d’amis. Il a pu nous faire venir un an après, et nous sommes encore restés chez des amis pendant à peu près un an. Et enfin, nous avons pu trouver notre première maison, en France, à Sarcelles, pas très grande mais qui nous suffisait à ce moment-là. Mon grand frère et moi, nous avons commencé à aller à l’école. On nous avait mis dans une classe pour apprendre le français : il fallait bien apprendre le français avant de pouvoir aller dans une classe normale.

Bien sûr, il n’y avait pas que cela dans ma vie : je ne peux pas tout raconter, je ne vais parler que du plus important. Je suis kurde, c’est-à-dire que je fais partie d’un très vieux peuple, un des plus vieux du monde, mais qui n’a toujours pas son propre pays. Pour obtenir notre indépendance, aujourd’hui, il y a la guerre. Le Kurdistan est divisé entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie. Et l’État turc ne veut pas reconnaître le peuple kurde, ni les autres États… Comme vous le savez depuis quelques jours, notre leader depuis plus de quinze ans, recherché comme suspect n° 1 en Turquie, Abdullah Ôcalan, a été capturé par les services secrets américains et israéliens et livré à la Turquie. L’État turc a aussi fait couper la seule chaîne de radio kurde, notre voix et nos oreilles, qui était diffusée depuis la Belgique depuis plusieurs années. En ce moment, c’est-à-dire mai 1999, il va y avoir le procès d’Ôcalan. L’État turc veut sa condamnation à mort, parce qu’il est accusé de la mort de 30 000 soldats turcs. Mais je crois que l’État turc oublie ses propres crimes, la torture et le meurtre de milliers, voire de millions de kurdes…

Je vous demande à vous, moi qui suis né en Turquie, qui suis kurde, je n’ai rien contre les turcs ou même contre la Turquie, j’ai beaucoup d’amis turcs, mais est-ce humain de vouloir exterminer tout un peuple ?

 

Usta Yavuz, terminale S, 28 mai 1999.

 


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