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Un jour, une jeune fille de mon quartier a été violée par un jeune d’une autre cité. Elle est allée porter plainte au commissariat. Et bien sûr tous les jeunes de mon quartier ont été mis au courant de cette histoire. Connaissant cette jeune fille et sa famille, nous étions tous très tristes et très énervés. Au bout d’un certain temps, comme la plainte n’avait aucune suite, nous avons décidé de retrouver le violeur. Après quelques recherches, nous avons trouvé son adresse exacte et le numéro d’immatriculation de sa voiture. Et un soir nous sommes allés à une dizaine de jeunes de mon quartier l’attendre au pied de son immeuble. Mais il ne sortait pas… Alors, très impatients, vers une heure du matin, les jeunes de mon quartier sont entrés dans l’immeuble. Moi je les ai laissés et je suis rentré chez moi, parce que j’avais une interro de maths le lendemain. Ils sont entrés chez le violeur de force, l’ont attrapé et ils commençaient déjà à le rouer de coups. Ils l’ont sorti de l’immeuble, l’ont mis dans le coffre d’une voiture et emmené dans un stade près de chez moi. La jeune fille violée est venue l’identifier. Après quoi les jeunes de mon quartier l’ont mis tout nu, ils l’ont torturé, massacré, pratiquement violé (avec une batte de base-ball), jusqu’à ce que le soleil se lève et que le violeur ait perdu trop de sang. C’était les plus petits les plus acharnés, les grands étaient obligés de les retenir. Finalement, les jeunes de mon quartier l’ont abandonné là en pensant l’avoir tué.

Mais quelques jours après, la police est venue chercher l’un des grands frères de la jeune fille violée, le violeur l’a reconnu, et maintenant il est en prison. La famille a pris un avocat et celui-ci a découvert que la plainte de la fille n’était jamais sortie du commissariat et n’avait pas eu de suites, en partie parce que le père du violeur était un ancien policier…

Voilà le quotidien des jeunes de banlieue… Comment est-il possible, après de tels événements, que nous puissions avoir un dialogue avec la police ? C’est à cause de tels faits et de bien d’autres qu’une haine tenace envers la police et la justice s’est ancrée dans les esprits, et je pense qu’il faudra beaucoup de temps avant que celle-ci disparaisse.

 

Nordine, 4 juin 1999.

 


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